Cercles de tambours, rêves et conscience – Alain Désir

une voie de la beauté et du sentir

Le cercle et le centre

Le cercle et le centre … extrait du Livre « Cercles de tambours, le rythme au coeur du soin » Alain Désir – Ed.Vega  2016

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 Le cercle est contenant. C’est une forme qui appelle l’unité. C’est une forme naturelle. C’est la trace croissante laissée par la pierre jetée à la surface de l’eau paisible d’un lac. C’est un symbole universel que l’on trouve dans toutes les civilisations et cultures. L’Occident tend à le perdre, au profit de l’anguleux, du carré, des formes sans courbes.

Cercle
(cf.Larousse) nom masculin – du latin circulus
Courbe plane fermée dont tous les points sont à égale distance d’un point intérieur appelé centre.
 
logo 1Le cercle est une forme qui délimite un intérieur et un extérieur. Les participants, en formant le cercle physiquement, vont « tracer » un cercle dont ils vont ainsi poser la surface et le périmètre : ils se situent à la lisière entre cet intérieur et cet extérieur. Un espace de jeu, de danse, d’expression, de chant aussi, est ainsi né. Espace sécurisé par l’attention de chacun et de l’organisateur, le facilitateur du cercle de tambours. Ainsi on est dans le cercle, ou hors du cercle. C’est un espace que l’on pourra qualifier de neutre, dans le sens où il fonctionne au-delà de l’appartenance singulière ou collective à une culture spécifique, au-delà des idées reçues, véhiculées dans chaque pays, culture, espace. Il est neutre, mais il n’est pas fade. Il est neutre dans le sens où il sert de base. Une base, une plate-forme sur laquelle d’autres éléments vont pouvoir se poser bien sûr, mais également se disposer, s’harmoniser, se distinguer, apparaître et disparaître, s’exprimer, vivre. Une base stable et vivante, qui pourra prendre de multiples colorations, en teintes ou demi-teintes, pastels et contrastes forts, aspects multiples de la vie.
logo 1Le cercle est protecteur. Le cercle de tambours est un espace « au-delà des appartenances singulières… » qui vit également à travers les cercles qui ont déjà vécu, à travers les époques, les lieux, les cultures et les traditions. Il s’en nourrit et est relié à tous ces événements qui unissent les hommes et les éléments. Il se nourrit de ces traces et des mémoires, des empreintes laissées quelque part dans une grande banque de données invisibles, pouvant les rejoindre, s’y relier, pour accentuer son « pouvoir de vie », sa capacité, son potentiel et l’exprimer. Le cercle de tambours donne et reçoit des autres cercles de tambours, il échange avec eux. Il est en lien avec les autres cercles de tambours existants, au-delà de notion d’espace et de temps. Géométriquement, le cercle a cette propriété naturelle qui place toute personne se trouvant sur sa circonférence à égale distance du centre ; cela n’a l’air de rien, mais cela produit pas mal d’effets ! C’est une configuration qui place chaque participant dans une position physique égale à celle de son voisin, sur ce cercle neutre. Il n’y a pas de meilleure place qu’une autre, d’endroit plus visible qu’un autre, avec une meilleure vue qu’une autre ; chacun peut voir chacun et tous les participants sont vus et entendus de tous de façon égale. C’est un lieu de partage équitable, imposé par la forme, régulateur naturel.
logo 1Cela va à l’encontre des habitudes que l’on trouve dans les systèmes de rencontre sociale en Occident : l’enseignant face à ses étudiants, l’orchestre devant les auditeurs, etc., mais également fort différent
des principes d’organisation des activités humaines qui sont soumises à une hiérarchie, une organisation pyramidale. Ici, le cercle induit une autre organisation, proposant un autre modèle de communication.
Ce cercle basique, ce cercle neutre au départ, va rapidement se colorer de la présence de chacun, dès le début du cercle de tambours. Chaque participant apporte sa singularité, son empreinte, sa touche spéciale en termes d’humeur, de vêtement, d’apparence, d’odeur, de taille. Chacun a son battement cardiaque, son souffle, sa respiration,
ses biorythmes, et l’atmosphère se modifi e donc à mesure de l’arrivée et de l’installation des participants. Chacun a son histoire, ses pen- sées et émotions. Peu à peu, chacun exprimera ses propres couleurs, jusqu’à les fondre dans l’arc en ciel du groupe durant le développement des cercles de tambours. C’est un cercle vertueux : chacun est nourri des couleurs de l’arc-en-ciel, et reçoit de lui en même temps. Chacun va ainsi se retrouver mieux en lui, unifi é et en lien avec le
groupe. C’est-à-dire que les cercles de tambours conduisent à la fois à se sentir et nous reconnaître mieux nous-mêmes, à développer notre conscience du rapport à l’autre, aux autres participants du cercle, et
conduisent également au sentiment d’unité, de « un », par le mouvement et les rythmes.
Retenons ces quelques notions : un extérieur, un inté-
rieur, une limite, une forme apparemment fermée, et un
centre. Ce cercle posé définit trois endroits : sa trace, l’in-
térieur et l’extérieur. À travers sa géométrie, il devient
espace sacré.
Voici ce qu’écrit Terry P. Wilson, professeur d’études amérindiennes
à l’université de Californie, Berkeley : « Dans la sagesse des Sioux, il
est un élément essentiel : le “cercle sacré de la vie”, ainsi que l’ap-
roue-centripetepellent beaucoup d’Indiens. Il s’agit d’une vision globale du monde, à
la fois physique et métaphysique, symbolisée par un anneau, un cercle.
À l’intérieur, toutes les choses sont vivantes et reliées entre elles : les
arbres, les pierres, le vent, les étoiles, les animaux et les humains. Ce
que la pensée occidentale a divisé en catégories, l’animé et l’inanimé,
le vivant et le mort, la terre et le ciel, la plante et l’animal, pour ensuite
donner à des classements binaires une interprétation philosophique
et théologique, les Lakotas le considèrent comme unité ; et la fusion
avec les essences spirituelles fait de ce tout un monde “discret” (au
sens mathématique) et équilibré. Pour une existence ainsi unifi ée, il est
impératif de maintenir l’équilibre, de préserver constamment l’inviola-
bilité du cercle sacré. » (
Les Lakotas, la quête du grand esprit
, Éditions du Rocher, Sagesse indienne, 1996.)
logo 1Le cercle ici est effectivement un espace sacré, destiné à refléter et préserver l’unité du Tout. Un lieu du vivant, sans distinction aucune entre ses composantes, un lieu qui est Unité. Unité en soi et en fusion avec les essences spirituelles, créatrices des univers. C’est humblement le travail proposé dans les cercles de tambours, poser un espace qui permette un retour au sacré, à la simplicité de soi, à l’unité fondatrice, à un sentiment et une expérience aux saveurs multiples, jusqu’à atteindre le non-nommé. Un cheminement individuel, tel celui du pèlerin, facilité et amplifié par le miroir de chaque participant. »
Alain Désir
 
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