Cercles de tambours, rêves et beauté

une voie de la beauté et du sentir

Du profane au sacré – De l’Art du Tambour

Du profane au sacré est le titre d’un ouvrage de Mircea Eliade. Le passage du profane au sacré peut s’effectuer de multiples façons et à moins d’être  » tombé dedans lorsque on était petit « , comme Obélix et la fameuse potion magique, ce passage s’effectue le plus souvent graduellement, par initiations et ouvertures successives. On choisira autant que possibles des voies plutôt douces, ou en tous cas n’ouvrant pas  » d’un coup » tous les passages, au risque de s’y perdre, de n’en revenir que partiellement ou de rester dispersé entre différents plans de réalité et sans mode d’emploi.

L’initiation suppose un espace temps particulier, celui du rituel, de la cérémonie. C’est un retour à un temps mythique, originel. Ce retour à ce temps/lieu permet d’en vivre les éléments caractéristiques et d’en suivre le processus, à l’identique. La cérémonie ainsi vécue n’est pas imaginée ex nihilo, mais bien à partir des éléments originels. C’est une transmission, liée à un état d’esprit, un placement particulier de la conscience et des pratiques incarnées. Un regard de l’Etre sur un rêve particulier.

Pour ce qui est du Tambour,  je pense qu’il est grand temps de ne le pratiquer que dans un cadre sacré, de cérémonie, et peu à peu parvenir à l’Art du Tambour.  Il ne s’agit donc pas d’Art contemporain, qui est très souvent le reflet d’une société en errance, mais d’ Art sacré. Il me parait essentiel d’apprendre à pratiquer, de façon à créer plus d’harmonie que de désordre. Le silence y a une place essentielle. Qui n’a pas touché et goûté à certaines qualités de silence et d’écoute ne peut que prétendre à jouer du tambour et à en maîtriser les techniques. Bien évidemment il n’est pas question d’élitisme, mais simplement de situer où on se situe par rapport à notre pratique. Tout Art se développe par la pratique, si possible régulière, en entrainant le Geste. On peut devenir chef cuisinier étoilé en étant passé par tous les stades de l’apprentissage auprès de différents maîtres. On peut bien sûr se référer à un livre de cuisine, mais celui-ci ne pourra que compléter un enseignement vivant.

Si chacun a le potentiel de l’Art du Tambour, peu de personnes seront amenées à atteindre cet état, simplement par manque de motivation, d’entraînement. Bien sûr le tambour peut paraître l’instrument de musique le plus simple du monde. Et cela peut paraître évident de jouer autour d’un feu, seul ou avec d’autres personnes. Le résultat est parfois agréable, inspirant, joyeux … parfois, et surtout dès que l’on veut jouer à plusieurs, c’est moins facile. Et surtout, nous n’avons pas toujours ( voir rarement !) conscience des effets du battement du tambour dans l’invisible.

Le recours à un cadre de cérémonie, encadré par des personnes compétentes me semble être indispensable actuellement, afin de distinguer peu à peu les rythmes, sons, harmoniques, le Chant du Tambour et pratiquer aussi ( pour soi et/ou avec les autres ) dans un cadre sécurisé.

Les rassemblements de cercles de soins ou de guérison non organisés, non reliés à une source spirituelle ne peuvent la plupart du temps que créer un peu plus de dysharmonie, car s’établissant au niveau du profane, tout en ayant parfois, par méconnaissance, l’illusion d’être guidé … par nos propres pensées !

L’Art du Tambour peut contribuer significativement à l’Art de Rêver, et ainsi participer à l’avènement de cette nouvelle ère à laquelle certains aspirent et que nous sommes en train de vivre. La paroi est très ténue entre l’ancien monde qui entre dans sa pleine phase chaotique, et le nouveau monde qui se dessine, soutenu spirituellement par – notamment – les peuples reliés aux traditions de sagesse ancestrale.

Je vous remercie. A toutes nos relations. 

Chaleureusement, Alain Désir

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