Cercles de tambours, rêves et conscience – Alain Désir

une voie de la beauté et du sentir

notre corps, par Jean Yves Leloup

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en introduction, ce commentaire de Jean Yves Leloup     MATIÈRE ET LUMIÈRE

« Dans la tradition spirituelle que vous avez choisie – l’Église orthodoxe – comment considère-t-on le corps?

Le grand refrain qui revient chez les Anciens, c’est : « Dieu s’est fait homme ››. La Conscience a pris corps pour que l’homme devienne Dieu, pour que le corps devienne Conscience. La lumière s’est fait matière, pour que la matière devienne lumière.
D’ailleurs, la science le dit aujourd’hui : la matière et la lumière ne sont pas séparées, puisque la matière, c’est la vitesse la plus lente de la lumière. La grande tradition des premiers chrétiens nous invite à reconnaître la lumière dans la matière et à replacer la matière dans la lumière. C’est ce qu’on appelle la transfiguration, la métamorphosis. Voilà comment les disciples ont vu Jésus dans son corps humain. Ils ont vu la lumière dans son corps. Pour nous aussi, il s’agit donc de prendre conscience de la lumière qui habite notre corps, de la lumière qu’est le corps lui-même.
Notre corps est la part de l’univers qui nous est confiée…
Cela me fait penser aux auréoles dans les représentations des saints. Était-ce de cette lumière dont il s’agissait?
Exactement. C’est ce qu’on appelle la mandorle. La mandorle signifie que le corps humain de l’homme, de la femme et même des animaux est la nature et le lieu du rayonnement de la divinité.
Ce qui est intéressant, c’est qu’à l’origine les mandorles étaient tout autour du corps. Plus tard, on les a réduites autour de la tête. Dès lors, on s’est mis à affirmer que la divinité était dans la tête, dans l’esprit, dans la pensée. Puis à partir du 16e siècle, la mandorle est devenue une espèce de petite soucoupe volante au-dessus de la tête! (Rires) Ces changements sont très importants sur le plan théologique. Ils signifiaient tout à coup que la Grâce n’était plus dans la nature, mais séparée de la nature; alors qu’à l’origine, la grâce s’est fait connaître dans la nature et surtout dans son entier : le corps, les pieds, le sexe, les poumons, etc.
Ce n’est pas en écrasant la chenille qu’on l’aide à devenir un papillon.
Si on « écrase ›› notre corps, on écrase la lumière qui l’habite, l’esprit qui l’habite.
Dans votre pratique, qu’est-ce qui permet de réaliser l’intégration du corps et de la grâce?
C’est la prière du cœur et la prière du souffle. Notre souffle est important parce qu’il appartient à la fois à la matière et à l’esprit.
Le fait d’être conscient du souffle nous met en contact avec la vie, avec la lumière, avec la source de la vie qui est en nous. Il y a aussi l’invocation du nom dans le souffle, comme Yechoua par exemple (Jésus en hébreu). Là, on est relié à la source de la vie.
Notre corps est relié et notre vie ne tient qu’à un souffle ou à un fil. C’est ce fil qu’il s’agit d’entretenir et de fortifier. Voilà le rôle de la prière, de la méditation, de l’invocation.

Jean Yves Leloup Janvier 2014 in Magazine VIVRE »

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